Une «récré 2.0» pour les enfants des salariés en télétravail

Dernière mise à jour : avr. 26

La société La Carabane propose des sessions de loisirs à distance à la progéniture des cadres contraints au télétravail, qui peuvent pendant ce temps-là se consacrer à leurs tâches professionnelles. Les DRH se l’arrachent.

enfant en visioconférence pour un atelier loisir
La Carabane organise des ateliers en visioconférence pour les enfants qui les occupent pendant une heure à une heure et demie.

Comment adoucir au maximum pour les salariés la nouvelle période de télétravail qui vient de s’ouvrir ? Avec la fermeture des crèches et des écoles, tous les services de ressources humaines ont vu revenir avec effroi la perspective des réunions à distance perturbées par le bambin qui veut un câlin ou réclame son goûter.


Rapidement, télétravail peut rimer avec pagaille. « On sait que la période est difficile et que beaucoup de nos salariés évoluent avec les enfants sur les genoux, admet Nadège Henry, DRH d’Axa Banque. Mais comme la parentalité nous tient à cœur, nous essayons de trouver des solutions. » Le groupe vient donc de faire appel à La Carabane « pour offrir une bulle d’air à ses collaborateurs » chaque mercredi. Sans proposer la recette miracle, cette société organise des sessions d’activités à distance pour les petits, d’une heure à une heure et demie, avec un maximum de huit participants, pendant lesquelles le salarié peut vaquer à ses occupations.


« Au choix, nous pouvons lire une histoire, organiser un atelier graphique », détaille Estelle Roulin, la fondatrice. Devant un écran, l’enfant dessine, écoute un conte ou participe à des quiz en ligne. Une récréation 2.0 synonyme de tranquillité pour les parents. « J’ai décidé d’inscrire mes enfants aux ateliers les mercredis avant tout pour leur offrir une activité, car ces derniers temps ils n’ont plus vraiment l’occasion de profiter de leur activité extrascolaire. Cela me permet d’avoir une heure durant laquelle je suis certaine qu’ils ne viendront pas m’interrompre. Sauf problème de batterie », sourit Magalie, DRH dans une grande entreprise.


Des parents dérangés "toutes les trois à sept minutes" « Une rapide enquête auprès de nos clients nous a indiqué qu’ils étaient en moyenne dérangés toutes les trois à sept minutes », poursuit Estelle Roulin. Les entreprises qui font appel à ses services viennent majoritairement du secteur de la finance, de la banque et des assurances. « Avec les annonces le 31 mars du retour du confinement et le recours massif au télétravail, beaucoup de DRH m’ont appelé dès le lendemain », note-t-elle. Axa vient de tester ce mercredi 7 avril les deux premières récréations en visio de La Carabane pour seize enfants. « Le retour est excellent », positive Nadège Henry.


La perspective de revivre le premier confinement du printemps 2020 a agi comme un repoussoir. « Le surmenage et la fatigue peuvent rapidement intervenir chez des salariés qui sont sans arrêt en train de jongler, analyse Julie Chane-Ching, cofondatrice de Bloom at Work, entreprise qui propose des solutions de suivi et d’amélioration de l’engagement des collaborateurs. Mais à distance, il est plus difficile de faire part de son mal-être ou de son besoin d’aide. » Sans compter qu’il est parfois compliqué de faire comprendre à des collègues sans enfants qu’on se retrouve avec les siens sur les genoux lors d’une réunion importante. La bienveillance dans une période chamboulée et compliquée apparaît comme une nécessité.


« Je préfère mettre en place un accompagnement personnalisé maintenant que gérer un burn-out dans six mois », lance Laurent Levasseur, président du directoire de Bluelinea, une société d’une centaine de collaborateurs basée à Elancourt (Yvelines) qui assure de la téléassistance sept jours sur sept, 24 heures sur 24. « Avec nos rythmes de travail jour et nuit, gérer en plus des enfants peut devenir compliqué », poursuit le dirigeant, qui est en passe de recruter un majordome chargé de prendre en charge à distance les problèmes logistiques de ses salariés.




La version originale de cet article a été publiée sur Leparisien.fr

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